29 août 2009
Acte I - Scène IV
"Vendredi 3 mai - 20h35"
Le Village était vraiment étrangement construit et c'est encore plus flagrant lorsque l'on peut le contempler d'en haut. Quelle idée de construire un tel village dans cette sorte de cuvette...
Au centre des plaines verdoyantes et boisées, une multitude de prairies colorées, un grand jardin fleuri d'une grande variété de plante, ici la nature ne semblait pas connaître l'ennemi. Était-ce pour cette raison que les bâtisseurs du village l'on construit dans ce creux ? Pour laisser la nature telle qu'elle est, pour qu'elle règne en maître en possédant tous ses droits ? Une décision bien sage pour des humains, si jamais cette hypothèse s'avère juste. Sanfourg était donc placé dans ce creux de la plaine, le bourg du village était au fond et de chaque côtés il y avait de hauts remparts naturels, le village était caché en bas et peu d'habitations s'aventuraient sur les versants qui encerclaient la bourgade, seul un clocher s'était risqué en haut, pas tout à fait au sommet, entouré de quelques bâtiments. De l'autre côté du vallon, en face de cette tour, un bâtiment était aussi présent, sûrement là où était placé le jumeau.
Un clocher doit se trouver normalement au coeur d'un village pourquoi l'avoir positionné ainsi ? Ces bâtisseurs n'avaient vraiment pas le sens des traditions, d'abord un village au fond d'un gouffre et ensuite deux clochers jumeaux placés sur les hauteurs du village...
Autour de ce bassin naturel la plaine s'étendait jusqu'aux collines à quelques dizaines de kilomètres de là. Une seule route passait dans le village, elle traversait d'abord les prairies et descendait ensuite en serpentant le long de l'enceinte du bassin et se glissait enfin dans le bourg avant de remonter vers la gare et de filer dans la plaine en abandonnant le chemin de fer.
J'avais décidé de monter vers ce bâtiment seul, là où était supposé se trouver le second clocher.
Sur le journal il y avait écrit que la tour était mal en point, il s'était déjà effondré dans le passé mais il avait été reconstruit et consolidé de manière à ce qu'il y ait très peu de chance qu'il retombe. Lors de sa chute les jours derniers, les gens qui connaissaient l'histoire de ce clocher n'avaient pas été étonnés par cet accident. Les hommes qui l'avaient réparé ne s'étaient pas attendus à cela et avaient confirmé que, même si le clocher ne se présentait pas bien, il n'aurait pas dû s'effondrer si facilement. Les conditions météo des jours passés ne présentaient en aucun cas des perturbations et le soleil semblait depuis longtemps afficher ses rayons printaniers sans que le vent ne vienne troubler cette plénitude. Encore une histoire étrange d'après moi, c'est ce qui m'avait convaincu d'y aller jeter un oeil.
La montée fût plus longue que je l'avais imaginée, je risquais d'être en retard. Même si c'était le mois de mai, la vallée ne profitait déjà plus des lumières dorées du soleil.
Là-haut, le clocher était bien là, enfin ce qu'il en restait... Des tonnes de débris étaient accumulés au pied d'une haute maison de pierre trouées d'une multitude de fenêtres.
Il ne restait absolument rien de la tour, tout ce que j'ai pu retenir c'est qu'elle ne semblait pas être simplement tombée, mais le clocher avait littéralement explosé de l'intérieur. Personne n'avait remarqué ça ?
Il y en avait partout, comment en s'écroulant simplement il puisse avoir autant de dégâts autour.
Impossible. La grande maison à côté était fermée, mais par les fenêtres on ne pouvait rien discerner d'étrange. Déçu je repartis finalement vers le village, mais avec la certitude que tout n'avait pas été clarifier .
28 août 2009
Acte I - Scène III
"Vendredi 3 mai - 19h30"
"Dans quelques instants notre train va entrer en gare de Sanfourg. Sanfourg une minute d'arrêt."
Le paysage avait soudainement changé. Les hautes collines qui barraient la vue des deux côtés du train venaient de disparaître pour laisser place à une plaine boisée dont les limites se perdaient à l'horizon. Aucune trace de culture dans les environs, juste une prairie colorée et séparée de haies naturelles occupé la majorité de l'espace. Au sud-ouest, on pouvait distinguer les silhouettes des collines qui réapparaissaient, un peu comme si elles s'étaient écartées pour laisser vivre cette plaine. Au centre de tout ça, dans un creux, une sorte de petite vallée qui tenait dans son enceinte un village d'une taille respectable. Sur les flancs des remparts qui emprisonnaient le village, un clocher s'élevait seul au milieu des bâtiments.
Le village était encore loin, mais déjà le train s'arrêta. Une minuscule gare se découvrait enfin, plantée au milieu de nulle part. Ce n'était pas la première fois que je venais ici mais j'étais toujours étonné de la position de la gare par rapport au village.
Je sortis du train, deux personnes étaient déjà descendues. Je marchais en direction de la seule porte de la gare, au-dessus un grand panneau indiquait : Sanfourg.
À l'intérieur il n'y avait pas grand-chose : quelques bancs, un guichet, des plantes vertes presque fanées étaient posées dans les coins. Je traversais la pièce et j'ouvris directement la porte qui donnait de l'autre côté. Quelques marches à descendre et on se trouvait sur la seule route qui passait là, la seule qui descendait au village. Je me mis en marche.
Après un bon quart d'heure de marche sur le chemin qui bordait la route je me trouvais enfin aux portes du village. Malgré les environs presque déserts le village semblait bien animé. D'après le titre du journal, un clocher s'était effondré. Pour aller chez mon ami, il n'était pas nécessaire de passer par le bourg mais d'un tempérament curieux je ne pouvais pas m'en empêcher.
Au centre du bourg aucune trace d'un quelconque effondrement, ni dans les ruelles environnantes.
Dans mes souvenirs je ne voyais qu'un clocher dans le village, je n'avais jamais entendu parler d'un deuxième. Où pouvait-il être ?
Le village était assez important pour avoir en son sein quelques commerces, je me mis alors en quête de trouver le fameux journal. D'ailleurs je m'étais rendu d'une chose étrange, L'homme du train avait un journal propre à la commune du village, mais lorsque que je suis monté dans le wagon cet homme s'est installé quelques minutes après moi, mais à la même gare et cette gare était aussi celle du départ du train. Si le journal datait d'aujourd'hui cela voudrait dire qu'il aurait fait l'aller-retour dans la même journée, d'ailleurs on ne peut même pas parler de retour, car il n'est même pas descendu au village. Enfin bref, c'est peut-être sans importance. Il s'agit sûrement de son travail, d'une urgence ou d'un oubli... Mais c'est quand même cinq heures de voyage.
Je finis par trouver le journal dans une boulangerie, C'était bien celui d'aujourd'hui qu'avait l'inconnu.
D'après le journal, Sanfourg était connu autrefois pour ses deux clochers jumeaux, tout deux perchés sur les hauts du village. C'était plutôt logique, mais je n'y avais pas pensé. Si l'un était sur le flanc supérieur du village alors devait s'y trouver aussi, mais de l'autre côté.
Il était vingt heures, une heure encore devant moi. Aller voir le second clocher ne serait pas une mauvaise idée.
20 août 2009
Le Prophète II
- Mesdames et messieurs, bonjour !
Silence.
- Ah oui évidemment... Bon je m'appelle Andrin, si je vous ai choisi ce soir c'est parce que j'ai besoin de vous, horriblement besoin de vous ! Je suis Prophète ! Non je ne suis pas un envoyé de dieu, non je ne prédis pas l'avenir. Je suis prophète parce que cette situation me demande de l'être, c'est tout. Je voyage de région en région, de royaume en royaume, de monde en monde à la recherche de quelqu'un qui aurait besoin de moi. J'ai été guidé ici parce que votre peuple souffre en ce moment. Ce n'est pas pour rien que je suis là. Je ne décide pas de ma destination et tant que je n'ai pas tous les problèmes je ne peux repartir. Alors, s'il vous plaît, faites de votre mieux pour m'aider aussi. Le temps des légendes disparait de jour en jour, les gens n'y croient plus, mais il reste des populations comme la vôtre qui n'ont d'autre choix que de s'accrocher aux derniers espoirs si infime soit-il. Votre peuple est ravagé par un virus mortel, votre bon roi ne peux que prier face à ce fléau, alors cherchons plus loin, cherchons au plus profond de ces terres, nous y trouverons peut-être quelques perles rares, qui sait ?
Apparences
Ne vous fiez pas aux apparences !
J'ai voulu refaire toute la déco du blog, comme ça, parce que j'avais envie...
Du coup j'ai ajouter quelques gadgets par forcement utiles mais je voulais voir si j'étais capable de les intégrer sur le blog.
Du coup j'ai mis une rangée verticale de boutons, un pour accéder directement aux pages des différentes histoires... un pour Café Salé, un pour les lien d'illustrateurs, des sites d'écritures et bientôt
une section speed ! (j'avoue que de ce côté ça va pas fort...)
En bas de chaque message il y a un lien permettant d'accéder à la page de l'histoire et aussi un retour vers le haut !
N'hésitez pas à cliquer sur les boutons qui ne sont pas des liens, ils sont juste "déroulants", ainsi si vous cliquez sur "Suites en cours" vous pourrez voir les différentes suites d'histoires à venir
et des nouveaux récits en cours !
Ensuite vous pouvez cliquez sur le symbole du vent d'Hillys, il accédera à une page d'info sur moi, sur cette page vous pourrez m'écrire par mail...
Voilà, je pense que maintenant il est plus agréable de lire sur ce fond... À vous de voir !
À plus tard pour la suite du Prophète !
Le Retard de la Mort II
Le vent reprend son souffle. Une impression étrange... Le vent, que l'on côtoie tous les jours, passe souvent inaperçu, ce vent qui, pourtant fait partie de notre quotidien est presque toujours là, qu'il soit tempétueux ou infime, il est rarement inexistant.
Pourtant, lorsque celui-ci ne souffle plus, lorsque le vent se tarie complètement, on peut vraiment sentir ce manque. En effet le vent a pour bienfait de balayer littéralement la chaleur, ainsi elle reste toujours en mouvement. C'est pourquoi on peut croire que lorsqu'il n'est pas présent, la chaleur a tendance à trop s'installer. Et c'est vrai. Mais dans cette scène là, c'est différent.
Le vent avait reprit son souffle après une éternité d'absence. Une fraîcheur inattendue s'installa rapidement sur la plage, les hautes vagues qui avaient quitté l'océan revinrent sculpter la surface de l'eau. Aussi vite qu'ils avaient disparus, les oiseaux réapparurent soudainement, on pouvait entendre leurs chants par de-là la forêt.
Meriasek et la Mort marchaient toujours sur la plage, toujours en direction du petit village sur les hauteurs.
La Mort marchait d'un pas endormi mais régulier, elle regardait vers le ciel d'un air pensif.
Meriasek, lui, était en retrait, il marchait à allure de sa compagne de marche, sa compagne de marche qui était en fait, son exécutrice.
Le jeune garçon la regardait avec un regard surpris mêlé d'interrogation, mais un regard sans trace de peur ou d'appréhension.
Meriasek n'avait pas encore totalement compris la tournure que prenait cette scène.
La disparition de son frère et de sa mère, le temps qui s'arrête soudainement, une personne qui prétend être la mort et s'excuse de son retard pour le tuer et pour finir elle décide finalement d'aller voir une vieille connaissance dans le village le plus retiré de toute la côte, en lui disant que son heure viendrait plus tard.
Où est la logique ?
Malgré ça, il continuait de la suivre. Le vent était revenu, la mer avait recommencée à s'agiter... On pouvait donc conclure que sa famille avait réapparu elle aussi. Il pourrait tenter de s'enfuir, mais il n'avait aucune chance de réussir face à quelque chose aussi évident que la Mort. De toute façon sa vie actuelle ne lui convenait pas, il était curieux, alors pour une fois qu'il se passait quelque chose, il n'allait pas gâcher une occasion pareille même si on parle toujours de la mort.
La plage cessait ici. Elle laissait place à une barrière rocailleuse de quelques mètres de hauteur.
La forêt s'était rapprochée, la végétation était plus présente. Il n'y avait qu'un chemin qui montait un peu plus haut sur la petite falaise. La mort, en gardant son rythme de marche, s'engageât sans prêter attention particulière du chemin.
Au sommet, la vue se dégageait enfin. Les falaises sur lesquelles ils étaient, continuait en montée sur quelques centaines de mètres. La forêt avait planté sa lisière plus loin laissant une herbe d'un vert lumineux recouvrir les falaises jusqu'à la limite du vide.
La Mort s'était arrêté pour contempler la vue. Meriasek en avait fait de même. Ce n'était pas la première fois qu'il voyait le village, il y allait une ou deux fois par mois avec son frère en charrette, pour aller chercher chez un fermier au pied du village, le bois pour le phare et se ravitailler en nourriture.
La Mort semblait être comblait du paysage et se remit en marche suivie de Meriasek, filants tout droit vers le petit village perché sur les rochers.
13 août 2009
Deydleforge
Le Calice de Verre
De sombres forêts, des marécages interminables, des lacs sans fond et même des grottes dont sa noirceur défie celle des enfers... Ah ça j'en ai vu des lieux enchantés, ensorcelés, ou maudits, après cela, on peut avoir du mal à imaginer que dans un endroit tel qu'une simple auberge chaleureuse aux abords d'un chemin fleuri puisse abriter des secrets bien sombres...
Evidemment l'auberge de Deydleforge n'était qu'une simple auberge en apparence, mais son passé, lui, avait semé bien des légendes dans les environs, des légendes pas toujours joyeuses, ça non. L'une d'elle parlait d'un calice, un calice de verre. Mais quel étrange calice me disait-on, un calice qui avait recueillit la plus étrange des eaux. L'eau des roches Endurlen. Cette eau qui permet à celui qui en bois de voir la vraie face du monde, de connaître la vérité absolue, de savoir d'où venons-nous et où allons-nous, la grande lucidité comme on dit. Cette eau cachée au plus profond des roches d'Endurlen, ne jaillissait qu'une fois toutes les décennies, quand la première neige de l'année se pose sur Endurlen. On appelait ce moment, la Linersie
Le retard de la Mort
Cette histoire se passe aux abords d'un océan inconnu en un temps lointain...
C'est l'histoire de deux frères qui vivaient dans un phare solitaire au bord de l'océan. Leur père, qui, habituellement s'occupait du phare était parti en expédition par de-là les mers. Il parlait d'un trésor fabuleux, plus précieux encore que de l'or.
Les deux frères étaient donc chargés d'allumer le phare tous les soirs, jusqu'à son retour.
Mais cette tâche n'était presque rien, alors le reste du temps, les deux frères ne savaient que faire de leur temps libre.
Le phare avait été construit sur la partie la plus haute de la falaise, celle qui regardait le nord. Ces remparts de pierre, hautes de plusieurs dizaines de mètres, indestructible. Le bruit des vagues de l'océan qui se fracassaient contre la paroi massive des falaises, rythmaient l'atmosphère en une musique lourde et déchaînée. À l'opposé des falaises il y avait une forêt dense, mais courte, elle aboutissait sur des plaines vallonnées et désertes. Et si l'on marchait tout le long des remparts de l'ouest, la forêt dense disparaissait et les falaises se faisaient moins hautes et des plages de galets rendaient le paysage un peu plus serein et accueillant. Après les plages, on pouvait fouler les premiers chemins sinueux qui menaient à un village à quelques kilomètres du phare solitaire.
C'était un jour comme les autres, le ciel était dégagé et le vent sifflait dans les feuillages de la forêt.
Comme les deux frères s'ennuyaient, ils regardaient passer les bateaux et concouraient pour savoir lequel des deux aura vu le plus beau. Les étoiles prenaient place dans le ciel et le soleil nimbait la côte d'une lumière écarlate. Les deux frères s'en allaient aider leur mère pour le diner. La nuit était tombée, les navires qui passaient au loin se faisaient plus rare, bien qu'en cette saison ils en passaient par centaines chaque jour. Enfin comme tous les soirs ils allumèrent le phare.
Le phare n'était pas gigantesque, mais il était le seul de la côte nord et ouest, il se devait donc d'être d'une taille respectable. Les frères étaient donc obligés de grimper les quelques centaines de marches qui se déroulaient le long des murs du phare. Avant d'atteindre le sommet il y avait une petite pièce circulaire où les murs étaient couverts de cartes, comme la pièce était minuscule il y avait qu'un vieux bureaux et une mince armoire où l'on pouvait voir par les carreaux de celle-ci des livres rangés soigneusement. Sur le bureau, quelques feuilles volantes, une carte marine de la côte gravée dans du bois sombre sur laquelle était posée un compas. Une lourde horloge et une boussole étaient posées à côté.
En sortant de la pièce on tombait sur une échelle de fer qui montait à pic vers un plafond de bois.
Après avoir allumé le phare, les deux frères s'assuraient que tout était en ordre puis redescendaient directement.
Au loin on pouvait distinguer la grande flamme prétentieuse s'agiter au vent.
Sa mère et ses deux fils occupaient une petite bâtisse construite au pied du phare, elle n'était pas grande, mais suffisante pour trois. La vie n'était pas facile, mais le confort et la sérénité étaient toujours présentes sur les falaises.
La nuit était encore d'encre, mais l'ainé des deux frères était déjà levé, il observait les alentours depuis déjà longtemps assit sur un rocher un peu plus haut. Un bateau sillonnait les flots au loin, il n'y avait pas assez de lumière pour distinguer la falaise, la flamme du phare illuminait toujours les environs. Pourtant, le bateau semblait se rapprocher des parois abrupt de la falaise. Meriasek, ainsi nommait-on le plus grand des deux frères, avait fixé son attention sur le bateau, il semblait inquiet. Le navire ne ralentissait pas, au contraire il prenait de la vitesse, c'était désormais inévitable. Il ne comprenait pas, la flamme était toujours vive, alors pourquoi ?
Il s'empressait d'alerter son frère et sa mère, ils partirent constater l'ampleur des dégâts. L'aîné monta en haut du phare pour essayer de voir quelque chose, mais même de là-haut on ne pouvait rien voir. Il voulut rejoindre son frère et sa mère et tenta d'ouvrir la porte, mais celle-ci ne s'ouvrait pas. Pourquoi ? Cette porte n'était jamais fermée. Il pensait que c'était son frère qui lui faisait une farce, il cria "Arrête, arrête, malheureux, ce n'est pas le moment pour ces plaisanteries, ne vois-tu pas ce qui vient de se produire ?" Mais il comprit très qu'il ne s'agissait ni de son frère ni de personne. La porte était comme soudée, elle semblait ne faire qu'un avec les murs épais du phare.
Abandonnant toute tentative, ll réfléchissait à toute vitesse. Que retenait la porte de s'ouvrir ? Le vent ? Impossible. Il essayait par tous les moyens de sortir, mais en vain. Les heures passèrent et personne ne revenait, la porte était toujours fermée solidement.
Le soleil était à son zénith, il projetait une lumière aveuglante, presque irréelle. Meriasek avait, dans une tentative sans espoir, réussit à sortir, la porte s'était alors ouverte avec une étrange facilité. En sortant dehors, il avait tout de suite comprit que quelque chose n'allait pas.
Il régnait dehors un silence total, il n'y avait pas un souffle de vent. Et même la mer semblait s'être figée, toutes vies semblaient avoir disparues. Sur les falaises il n'y avait aucune trace de l'accident. Il cherchait et appelait son frère, mais rien. Conscient que rester ici était inutile il se mit en route. Le soleil n'avait pas quitté son zénith, même le temps était figé. Meriasek était inquiet et il avait peur, il ne savait pas quoi penser de cette situation, ni quoi faire. Il marchait de vive allure, avec l'idée de se rendre au village un peu plus loin.
Les contours d'une barque se dessinaient au loin, Meriasek ne s'en aperçut pas tout de suite. Quant-il la vit, il se sentit submergé d'espoir. Il se précipita sur la plage de galet. La barque accosta en silence et la personne encapuchonnée descendit de son embarcation. Elle était vêtue d'une longue cape grise et terne, une cape qui, autrefois, devait être noir. On ne pouvait rien voir de son corps, pas même son visage. L'inconnu s'approchait de Meriasek d'une démarche assurée, sa voix n'avait rien d'étrange en revanche, simple et humaine, elle s'adressa à Meriasek sur un ton d'excuse :
- Désolée, je n'ai pas pu accomplir ma mission dans les temps, je vais donc te laisser un peu plus de temps.
Mariasek qui n'avait pas du tout compris ce qu'elle disait, s'empressa de dire :
- Excusez-moi, savez-vous ce qui s'est passé ici ? Pourquoi le vent ne souffle plus, pourquoi ce silence et cette lumière aveuglante ?
- Calme-toi jeune homme, la vie n'a pas fuie, c'est toi qui fuit la vie.
- Je ne comprends pas.
- Tu as quitté ce monde il y a longtemps, mais je n'ai pas pu faucher ton âme à temps.
Meriasek avait déjà pensé qu'il était peut-être mort, il dit avec assurance :
- Alors, je suis mort, n'est-ce pas ?
- Oui, c'est réjouissant de savoir que tu avais compris cela.
- Je l'avais supposé, mais comme je pouvais respirer, marcher et parler, je l'avais ensuite écartée.
- Et je m'en excuse, je suis arrivée trop tard. Allons marcher.
Sur ces paroles, l'inconnu s'éloigna lentement. Étonné, Meriasek lui emboîta le pas.
- Vous êtes la Mort ? Lança-t-il d'une voix hésitante.
- Oui, heureuse que tu ne sois pas plus étonné. Répondit-elle d'une voix chantante.
- Je vois... Meriasek avait répondu d'une voix absente en chuchotant presque.
La Mort l'avait sûrement remarqué, car elle demanda :
- Tu n'es pas effrayé de quitter ce monde ?
- Pas vraiment... Même si je dois quitter ce monde, c'est la première fois qu'il m'arrive quelque chose, je me suis ennuyé toute ma vie.
- Et ta famille ?
Meriasek regarda la Mort, elle regardait droit devant-elle tout en marchant d'un pas régulier. Impossible de discerner les traits de son visage, si seulement elle en avait un.
- De toute façon je n'ai plus le choix. Soupira-t-il.
- Plus aucun.
- Alors, ma famille n'a plus d'importance.
- Et si tu aurais pu l'éviter, l'aurais-tu fait ?
- Je ne sais pas, qu'est ce qui m'attend ? Demanda-t-il d'une voix intéressée.
- Aucune idée, dit-elle d'une voix riante.
Ils avaient parcouru une bonne partie de la plage, rien depuis qu'elle était arrivée n'avait changé, le soleil brillait toujours d'une lumière éclatante et sans chaleur, la mer était plate, les vagues qui tout de même s'échouaient lentement sur les galets, ne réussissaient pas à troubler le silence pesant.
- Quand partons-nous ? Meriasek avait parlé d'une voix forte, comme s'il cherchait à casser l'atmosphère troublante de la scène.
- Très bientôt, mais avant, je dois aller voir une connaissance dans ce village au loin. Tu verras ce sera très enrichissant.
04 août 2009
Le Prophète
- Une prophétie me dites-vous ? Hum, banal en soit.
- Banal, oui. Mais regardez ce monde déchiré par la peur et la souffrance, voyez ce monde qui se raccroche aux dernières légendes et à cette prophétie. Alors qu'en dites-vous ?
- Oui, c'est évident, quoique déroutant. Mais cette prophétie, est-elle vraie ? Peut-elle s'accomplir, je n'y crois guerre...
- Cela dépend, vous n'y croyez pas du tout, n'est-ce pas ?
- Moi ? Je n'en sais rien, j'ai proposé mes services à plusieurs mondes en danger, mais je n'ai vu qu'une seule fois des légendes se révéler véritable.
- Alors si vous n'y croyez pas, aidez-les.
- Quelle est cette prophétie ?
- En réalité cette prophétie n'est que quelques questions auxquelles personne n'a pu répondre, celui qui trouvera les bonnes réponses, sera notre sauveur, à tous.
- Celui-là sera mes yeux.
- Celui-ci mes mains.
- Lui, mes oreilles.
- Et ma bouche.
11 juillet 2009
Acte I - Scène II
Je vais vous parler de cette série importante dont j'avais prononcé quelques mots précédemment. C'est un concept que je voulais tester, plutôt simple, banal mais intéressant. Je serai le personnage principal, c'est comme si je racontais des histoires que j'aurais réellement vécues, mais que j'aurais bien évidemment inventées. Comme si je racontais ma vie, sous les mêmes traits, mais vu autrement. L'histoire sera découpée en plusieurs parties qui n'auront pas de réel rapport entre elles, quelques sous-entendus peut être, mais elle resteront séparées des autres.
Une série donc.
Les plusieurs histoires qui constiturons la série seront basées souvent sur des petites enquêtes, se déroulant dans une époque actuelle, ponctuées d'une petite pointe de fantastique pas réellement prononcé. Le fil de la série sera conduit par une sorte de mystère planant sur toute la série qui sera un des seuls liens entre les différentes histoires.
Je posterai les histoires en plusieurs notes, j'envisage qu'une histoire pourrait environner une dizaine de notes avant de passer à la suivante...
Ce sera la seule série dont je serai "réellement" présent.
Les différents épisodes seront reconnaissables aux titres, écrits sous forme théâtrale, chaque acte correspond à une histoire et les scènes correspondent simplement aux parties découpées de l'histoire, comme je le disais il peut avoir une dizaine de scènes pour constituer une histoire complète.
Cette série, je vais essayer de la faire durer le plus longtemps possible, je veux qu'elle ponctue le plus souvent le blog comme la seule série permanente, un évènement régulier qui apparait incessamment.
Treize fois
"Vendredi 3 mai - 15h05
Aujourd'hui je pars chez un vieil ami, il m'a envoyé une lettre il y a quelques jours pour me dire qu'il était atteint d'une maladie et qu'il voulait me voir avant de partir, le vendredi trois à vingt et une heure, je suis étonné de voir qu'il a indiqué un horaire aussi précis... Je suis donc parti pou cinq heures de voyages, c'est plutôt long."
Le paysage défile devant moi, impossible de fixer un point précis du décor, de chaque côté de la voie on peut tout de même discerner que l'on se trouve dans une région plutôt vallonnée, presque montagneuse, d'imposantes collines s'élèvent soudainement de la plaine pour venir se nicher au de-là du visible, au-dessus de la couche de nuages plafonnant un peu plus haut, les sommets ne sont pourtant pas hauts et les quelques-uns encore visibles témoignent une cime adoucie.
L'ami auquel je devais rendre visite était plutôt agé, rien d'étonnant qu'il soit malade après tout, en fait c'était le grand-père d'un de mes anciens camarades de classe, qui lui est parti étudié à l'étranger, comme son grand-père était son seul parent j'allais souvent le voir pour connaître des nouvelles de mon ami à l'étranger, mes visites sont devenues plutôt rares maintenant que j'ai déménagé.
- Excusez-moi, la place est réservée ?
Un inconnu s'était approché et après avoir longuement hésité il avait parlé. Prenant quelques secondes pour sortir de ma rêverie je lui répondis :
- Non, non, allez-y, je vous en prie.
L'inconnu sorti un journal, un titre attira mon attention : "Un clocher s'effondre à Sanfourg".
Sanfourg, c'est ma destination.
10 juillet 2009
Acte I - Scène I
Aujourd'hui, une histoire dont je vous expliquerai la signification plus tard, j'essayerai de mettre régulièrement la suite, je pense que cette histoire fera partie d'une série importante que je vais mettre en place.
Les cloches sonnent.
La brume peu à peu s'installe, le sol disparait, une atmosphère pesante se met en place.
Les silhouettes des hautes maisons se dressent de chaque côtés de la rue en un véritable barrage pour la lumière de la lune déjà haute dans le ciel. Quelques traits de cette lumière étrange s'échappent entre les hauts murs, une lueur presque irréelle, troublante.
Le silence retombe, l'écho des cloches s'étouffe peu à peu, laissant la rue dans un sommeil effrayant. Seul le vent qui s'engouffre en sifflant dans la rue persiste à vouloir rendre la scène mystérieuse.
Au lieu de m'attarder sur cette scène, peut aurais-je dû porter davantage mon attention sur ses détails et la signification de certaines choses. Quelque chose me gênait, comme un défaut, moi qui fais toujours attention au plus petit indice.
Le son des cloches résonnaient encore dans ma tête, on ne sonne jamais plus de douze fois, pourtant j'en suis sûr. Sûr d'avoir attendu une de plus, sûr d'avoir entendu treize coups.
C'est ce détail que j'aurais dû relever il y a longtemps.
